Il régnait une ferveur particulière ce vendredi 28 septembre au sein du collège libermann. En effet c’était le jour choisi par la communauté Jésuite pour célébrer la messe de requiem en mémoire du Père Berger, ancien Recteur du Collège.Du mot de bienvenue du Recteur (actuel) Père Damien Kono, nous avons pu apprendre que le Père Berger s’appelait en fait Jean Pierre Berger. Né le 03 Décembre 1938 à Versailles. Entré dans la compagnie de Jésus le 10 Novembre 1967 à la Beaume (France), il est ordonné prêtre le 27 Juin 1970 à Lyon et le 03 Décembre 1977, il prononce ses derniers voeux à Sarh (Tchad).
A la place de l'homélie, le célébrant a préféré les témoignages de quelques-uns de ceux qui l'ont connu et côtoyé, en précisant avoir choisi le minimum de personnes pour abréger, tant il est vrai que des centaines voire des milliers de personnes seraient à même de témoigner ce que furent la vie et l'oeuvre du Père Berger. Ces différents témoignages suivaient les chemins sinueux de son immense parcours. Ces témoignages étaient aussi variés que le furent ses activités et les différentes casquettes qu'il a porté pendant sa vie : Enseignant, Formateur, Aumônier, Recteur, Accompagnateur spirituel, Compagnon, Père, Ami, Frère...
Monsieur Denis ADANDOZAN (actuel Sous-Préfet des Etudes du second cycle au collège) a ouvert la « short list » des hommages. Il s’est appesanti sur « la cura personalis » dont le Père Berger faisait montre. Il n'avait hésité a-t-il rappelé à faire redoubler un lauréat au Bac C (mention Bien) pour que ce dernier ait un meilleur niveau en ses matières de base 8O . Il a en outre révélé que nombre d’élèves avaient pu poursuivre des études supérieures par son entregent, lui qui arpentait les couloirs des consulats à la recherche du précieux sésame, le visa.
Ensuite, un membre de l'ALIDY (Amicale des Libermaniens Dynamiques) parlera de sa double personnalité : « Père » et « Berger ». Père aimant qui les enjoignait à ne pas devenir des « Crétins ». Berger qui s'occupait de chacun d'entre eux. « Il restera une part de lui en chacun de nous... » a-t-il poursuivi en affirmant que ce qu'ils ont reçu ne mourra jamais car forcement ils le transmettront à leurs enfants.
Le représentant des CVX (Communauté de Vie Chrétienne) de la Province du Littoral dont il a été le « parrain » a parlé d’un homme « dépouillé de lui-même ». Il ressort de son témoignage que le Père a insufflé un esprit nouveau au mouvement qui était tombé dans une espèce de léthargie. Ils les a formé, conseillé et accompagné. A telle enseigne que le groupe porte encore sa « marque », bien des années après. Une ancienne étudiante de l'ISTAC (Institut Supérieur de Technologie d'Afrique Centrale) a rappelé son « exhortation à ce que nous soyons au service des autres ». Il faudrait rappeler qu'après une année sabbatique, le Père Berger a officié comme enseignant et aumônier dans cette toute nouvelle institution.
L'un des témoignages les plus forts est venu d'un ancien détenu, qui a connu le Père Berger dans les années 80, lorsque ce dernier officiait comme aumônier de la prison de New Bell. D'une voix émouvante, il a affirmé que « le Père Berger, c’est nous qui l'avons tués par nos multiples sollicitations. Il n'avait pas de répit ». Aujourd'hui responsable d'une ONG de droits de l'homme, il se souvient des exhortations du Père Berger qui comparait la prison à une maladie.
Dans son message final, le Provincial des Jésuites a parlé de ses derniers instants passés auprès du défunt et a demandé à son auditoire d’avoir une pensée et de prier ardemment pour la mère du Père Berger, agée de 91 ans, et qui l'a accompagnée pendant ses derniers jours. Il nous faut « devenir nous-même des Bergers, des hommes les uns pour les autres » a-t-il poursuivi.
L'assistance formée en majorité d’élèves, d’anciens élèves, des parents, de compagnons, d’amis et d’anonymes a bravé le soleil de plomb qui s’abattait en ce jour sur Douala. Les petits du premier cycle, d'ordinaire si bruyant en pareille circonstance, sont restés étrangement calmes. Comme s’ils se rendaient compte que quelque chose d'important se produisait : le dernier hommage que la grande et prestigieuse famille Libermanienne rendait à l'un de ses illustres bâtisseurs.
La chorale a scandé des chants de circonstance dont quelque uns que le Père Berger affectionnait particulièrement : Si le grain de blé ne meurt – One nfufub One nfufub - Il n'a pas dit que tu coulerais – ce n'est qu'un aurevoir…